Show BMX et sports urbains au théâtre du Châtelet - Paris
Performance au Théâtre du Châtelet
À la veille des Jeux Olympiques de Paris 2024, le Théâtre du Châtelet a accueilli un spectacle hors normes, imaginé par François Gautret et l’équipe de RStyle. Un projet ambitieux, pensé comme une traversée de l’histoire du hip-hop, de ses origines jusqu’à ses formes contemporaines, mêlant danse, musique, sports urbains et performance scénique.
La particularité de ce spectacle résidait dans son dispositif unique : la scène était entièrement entourée de gradins, installés directement sur le plateau, en plus de la salle existante. Le public faisait littéralement corps avec la performance. Une expérience immersive à 360 degrés, rare dans un lieu aussi prestigieux, qui transformait radicalement la relation entre artistes et spectateurs.
Dans ce cadre prestigieux, des disciplines habituellement cantonnées à la rue, aux événements ou aux scènes alternatives ont trouvé une nouvelle résonance. Le BMX flat faisait partie de cette aventure, intégré à une écriture scénique globale, au même titre que la danse, le breaking, le roller, le parkour, le basket freestyle ou la musique live. Une première pour moi, et une expérience très inspirante dans mon parcours.
Découvrir l’univers du théâtre comme artiste
Intégrer un spectacle au Théâtre du Châtelet, à Paris, représentait un changement total de cadre. Jusqu’ici, mes expériences se situaient principalement entre compétitions internationales, démonstrations événementielles et performances en extérieur. Ici, tout était différent. Grande scène, durée du spectacle, adaptation avec autres disciplines.
Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Mais j’aime découvrir de nouveaux univers, sortir de mes habitudes et comprendre comment mon sport peut exister ailleurs. Le timing était parfait. J’étais à Paris pour la préparation des Jeux Olympiques, et ce spectacle proposait une approche artistique originale, exigeante, loin des formats classiques.
Très vite, l’ambiance s’est révélée unique. Une organisation fluide, une équipe bienveillante, des artistes passionnés, et un théâtre ouvert à des disciplines qu’on n’attendait pas forcément dans ce type de lieu.
Un mélange de disciplines rarement exploré
Ce qui rendait ce spectacle particulièrement fort, c’était la manière dont les disciplines se mélangeaient réellement. Dans beaucoup d’événements, les univers urbains se croisent, s’enchaînent, mais restent souvent cloisonnés. Ici, le projet allait plus loin : il cherchait une vraie connexion entre les pratiques.
Danse, breaking, double dutch, parkour, roller, basket freestyle, musique live, DJ… Chaque discipline avait sa place. Des artistes invités venaient enrichir le spectacle au fil des représentations, avec des guests comme Rim’K, Oxmo Puccino ou encore Sully Sefil, apportant une énergie et une ambiance différente chaque soir.
Le BMX flat, une discipline naturellement adaptée à la scène
L’un des éléments qui a séduit les chorégraphes et le Théâtre du Châtelet est la simplicité de mise en œuvre du BMX flat sur scène. Contrairement à d’autres disciplines urbaines, le BMX flat se pratique exclusivement au sol, sans structure, sans module et sans installation lourde.
Un sol plat, un espace dégagé, et le spectacle peut exister.
Cette particularité permet une grande fluidité dans l’écriture scénique. Le BMX flat peut s’intégrer entre deux tableaux, sans nécessiter de longs temps de montage ou de transformation du plateau. Dans un spectacle rythmé, avec de nombreux changements d’ambiances, c’est un avantage décisif.
Sur la scène du Théâtre du Châtelet, cette simplicité technique a permis d’intégrer le BMX dans plusieurs tableaux, sans casser la dynamique du spectacle. Le vélo devient un prolongement du corps, capable de s’adapter aux contraintes scéniques tout en conservant sa force visuelle.
Dans un dispositif à 360 degrés, le BMX flat offre également une lecture immédiate. Les figures sont lisibles, le mouvement est circulaire, et l’impact visuel fonctionne quel que soit l’angle du public. Cette polyvalence en fait une discipline particulièrement pertinente pour des projets artistiques, culturels ou événementiels dans des lieux exigeants.
Cette expérience a confirmé une chose : le BMX flat n’est pas seulement une discipline de démonstration ou de compétition. Mais également une discipline capable de s’intégrer à des créations ambitieuses, avec une mise en place simple, rapide et élégante.
La vie en coulisses : une source d’inspiration
Au-delà de la scène, la vie en coulisses a également marqué cette expérience. Le rythme des répétitions, la préparation avant chaque représentation, l’échange entre les artistes, la vie collective avant d’entrer en scène… Tout cela m’a ouvert les portes d’un univers que je connaissais peu.
Partager le quotidien d’artistes issus d’autres disciplines, observer leur manière de travailler, et de créer a nourri ma vision. J’y ai trouvé une exigence proche de celle du sport de haut niveau, mais exprimée différemment.
Cette immersion m’a donné envie d’aller plus loin dans ce type de projets, et inspiré pour exploiter d’avantage les manières dont le BMX Flat peut être mis en valeur et ajouter une dimension singulière à des projets créatifs.
Amener les sports urbains dans un lieu prestigieux
Se produire au Théâtre du Châtelet était un honneur. C’était aussi une opportunité rare de montrer les sports urbains sous un angle différent, plus institutionnel, plus premium, sans trahir leur essence.
Amener le BMX flat dans un lieu aussi mythique permet de changer le regard du public. Le sport devient une forme d’expression contemporaine, capable de dialoguer avec des codes artistiques exigeants. Cette médiatisation, dans un cadre prestigieux, participe à faire évoluer la perception de ces disciplines, souvent cantonnées à l’espace public ou à l’événementiel.
Une expérience formatrice
Cette série de représentations au Théâtre du Châtelet restera une expérience formatrice dans mon parcours. Elle a élargi ma vision du BMX flat, renforcé mon attrait pour les projets créatifs et confirmé mon envie d’explorer des formats hybrides, à la frontière entre le sport et l’art.
Aujourd’hui, ce type de projet s’inscrit naturellement dans ma démarche. Continuer à amener le BMX flat là où on ne l’attend pas, l’incorporer avec d’autres disciplines, et participer à des créations exigeantes, reste au cœur de mon engagement.
— Anatole