Coupe du monde BMX Flat à Shanghai

Compétition, voyage et création d’image

L’année dernière, j’avais prévu de ralentir le rythme des compétitions. Après plusieurs saisons intenses sur le circuit international, l’envie était là de lever un peu le pied, de me recentrer sur d’autres projets, et de laisser plus de place à l’image, aux voyages et aux démonstrations.
Mais en BMX, les opportunités arrivent parfois sans prévenir.

Quelques jours après avoir pris cette décision, je suis invité au Canada pour représenter la France aux Jeux Urbains, au centre Eaton de Montréal, l’un des plus grands malls en plein cœur de la ville. Difficile de refuser. La compétition se passe bien, je termine dans le top 5, et je repars avec de bonnes sensations.

Tout s’enchaîne ensuite très vite.

Un enchaînement de compétitions internationales

Après Montréal, passage express à New York, puis démonstrations à Saint-Barthélemy, avant un retour en France pour la première étape de la Coupe du monde de BMX Flat au FISE de Montpellier. En l’espace de deux semaines, je traverse plusieurs pays, plusieurs formats, plusieurs ambiances. C’est intense, mais aussi très stimulant.

Sans attente particulière ni préparation spécifique pour Montpellier, je termine 9ᵉ, un résultat solide au vu du niveau. À ce moment-là, une idée commence à germer : pourquoi ne pas faire les deux dernières étapes de la Coupe du monde en fin d’année, à Shanghai et à Sakai, au Japon, pour avoir une vision globale de la saison ?

Paris, l’été… puis l’Asie

Entre-temps, je m’installe officiellement à Paris.

L’été est propice à d’autres choses : je roule, je fais des démonstrations, je prends de plus en plus de photos, je m’intéresse davantage à l’image et à la manière dont le BMX peut être raconté autrement.

Début octobre arrive, l’hiver pointe déjà le bout de son nez, et je réalise que je dois partir mi-octobre pour la Chine, puis fin novembre pour le Japon. `

En France, rien de majeur n’est prévu entre les deux.

La question est vite répondue : pourquoi rentrer ?

Me voilà parti pour près de deux mois en Asie.

Ce que j’aime avec le BMX, c’est que c’est un prétexte incroyable pour voyager. Une porte d’entrée vers des cultures, des villes et des rencontres que je n’aurais probablement jamais connues autrement.

Coupe du monde BMX Flat à Shanghai

Mi-octobre, j’arrive à Shanghai pour la deuxième étape de la Coupe du monde de BMX Flat. Le contraste avec Paris est saisissant. Tout est immense, futuriste, vertical. La ville ne dort jamais.

L’événement est colossal. Probablement la plus grosse compétition de sports extrêmes au monde actuellement. Nous sommes trois Français engagés, le niveau est très élevé, et seules huit places permettent d’accéder à la finale.

Les qualifications se passent bien. On se tire vers le haut, chacun pousse l’autre à donner le meilleur. Le soir, en attendant les résultats, on sort prendre l’air. Puis la liste tombe : 3ᵉ place aux qualifications. Je n’avais jamais scoré aussi haut sur une compétition officielle de ce niveau. À ce moment-là, je réalise que le podium est atteignable.

Une finale chargée d’émotions

Le jour de la finale, la pression monte. Les lives TV commencent, la famille et les amis suivent depuis la France. C’est ma première finale sur une étape du FISE. Un moment que j’attendais depuis longtemps.

Je me revois adolescent, dans ma chambre, à regarder ces finales dix ans plus tôt. Être aujourd’hui de l’autre côté des écrans est une sensation difficile à décrire. L’ambiance est incroyable, je roule bien, et je termine à la 5ᵉ place.

Un peu de frustration, forcément. Mais surtout beaucoup de satisfaction. Cette finale marque une étape importante dans mon parcours, et reste l’une des expériences les plus fortes que j’ai vécues en compétition.

Quand la compétition mène à la création d’image

Lors de la soirée de clôture, je fais la rencontre d’un photographe de mode, booké sur l’événement. Il aime le BMX, s’intéresse au mouvement, et il nous propose de shooter ensemble dans la ville. C’était aussi l’un de mes objectifs en venant ici : repartir avec des images fortes de Shanghai.

Quelques jours plus tard, nous voilà à shooter près de l’Oriental Pearl Tower, dans une ambiance totalement différente de ce que je connais habituellement. Pas de codes classiques de la photo de sports extrêmes. Ici, on prend le temps, on joue avec les lignes, l’architecture, les contrastes, l’énergie de la ville.

Les images qui en ressortent sont différentes, plus épurées, plus narratives, plus axées “mode.” Une autre manière de raconter le BMX.

Shanghai, terrain de jeu visuel

Ce shooting m’a marqué. Il m’a confirmé que le BMX Flat peut exister dans des univers bien au-delà de la compétition ou de l’événementiel sportif. Qu’il peut dialoguer avec la mode, l’architecture, la photographie contemporaine.

Shanghai restera pour moi un moment charnière. Un voyage où la compétition a ouvert la porte à la création. Où ma vision de ce sport est devenu un langage visuel.

Aujourd’hui, ce type d’expérience nourrit directement ma démarche. Continuer à explorer le BMX Flat à travers le voyage, l’image et des projets créatifs ambitieux, tout en restant connecté au plus haut niveau, est ce qui me motive profondément pour la suite.

— Anatole

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